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  • Akira Mizubayashi

13 août 2012, « L'amour de la musique, la passion de la langue », conférence à Figeac (Lot)

Cela s'est passé dans le cadre des Rencontres musicales de Figeac.

Voici le début de ma conférence. « En 1998, il y a donc quinze ans, nous sommes venus, mon épouse et moi, à Figeac avec une très grande professeure japonaise de violon, Madame Suzuki alors âgée de plus de 80 ans, en compagnie d’une vingtaine d’élèves venant pour la plupart de l’Institut TOHO de musique à Tokyo. C’est à ce moment-là que j’ai fait la connaissance de Jean-Pierre Messerschmitt et Olivier Pons qui sont les deux piliers de ce magnifique festival de musique que sont les Rencontres Musicales de Figeac. Les élèves de Madame Suzuki ont pu bénéficier par la suite de l’enseignement de Monsieur Laszlo Mezö, le violoncelliste du célèbre Quatuor Bartok, appelé sur l’initiative d’Olivier Pons et son épouse Helen Linden. Je suis tout ému quand je pense que le très modeste stage privé de Madame Suzuki de 1998 fut e

Salle Balène à Figeac

n quelque sorte la semence de ce majestueux arbre que représentent aujourd’hui les Rencontres Musicales de Figeac, grâce aux efforts des deux personnes que je viens de nommer et grâce aussi, bien évidemment, à tous leurs collaborateurs.

Quinze ans après ce stage de violon et de musique de chambre à Figeac autour de Madame Suzuki, j’ai voulu faire revenir dans cette ville certains des anciens stagiaires qui sont devenus depuis lors d’authentiques musiciens professionnels installés en Europe. J’ai donc proposé à Jean-Pierre Messerschmitt et à Olivier Pons l’idée d’un concert assuré par ces musiciens japonais, anciens stagiaires de Figeac.

Pourquoi alors ai-je eu l’idée de faire appel, quinze ans après le stage-semence de Madame Suzuki, aux musiciens japonais signalés dans le programme de cette année ? Bien sûr, l’évolution tout à fait remarquable de chacun des anciens stagiaires y est pour quelque chose. Mais elle n’aurait sans doute pas été suffisante pour que j’ose reprendre contact avec les organisateurs du festival. L’événement déterminant, en fait, ce fut l’écriture d’un livre que j’ai publié en janvier 2011 chez Gallimard : Une langue venue d’ailleurs. C’est un livre dans lequel je raconte l’histoire de ma passion de la langue française depuis sa naissance jusqu’à la réalisation de ce livre, une histoire qui se déroule dans l’espace d’une quarantaine d’années, une histoire dans laquelle la musique a une place qui lui revient, c’est-à-dire prépondérante. » J'ai osé ménager, au milieu de mon intervention, une séquence musicale assurée par mon frère. Celui-ci a en effet joué la Sonate de Haendel, celle qu'il avait jouée autrefois dans le train de nuit bondé qui conduisait le père et le fils de la lointaine province du Tohoku à Tokyo. Ce fut un moment d'une grande émotion...

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